dimanche 27 mars 2016

Petites anecdotes couchées pèle mêle

Je vous  livre quelques petits moments de notre vie en Inde.
Nous nous êtions installés dans un bus, le  chauffeur palabrait avec un homme sur le trottoir côté opposé au volant,   j'étais assise entre les deux. Discussion très animée tant par leur débit rapide que par leurs gestuelles. À un moment ils semblaient ne pas se  comprendre, l'homme debout répétait les mêmes mots, le chauffeur le regardait sans comprendre, tout du moins je l'ai interprétée que cela.  J'ai utilisé la même gestuelle qu'eux, ils m'ont tout d'abord regardé interloqués, ce petit jeu s'est terminé en fou rire.
Dans l'attente d'un train une famille mangeait au sol comme il se doit. Deux petits garçons sont venus vers moi, je dirais que le grand devait avoir cinq ans poussant le petit de deux ans vers moi. Je leur ai tendue la main qu'ils ont serrée et secouée un bon moment accompagné de gloussements. Les codes et rires des enfants sont universels, je n'ai pas mis longtemps à apprivoiser ces deux petits coquins.  Après avoir joué avec eux et leur petit train, j'ai invité le plus petit à venir sur mes genoux. Je lui ai fait "à dada sur mon bidet, quand il p...", il a beaucoup ri son frère aussi, les parents nous regardaient avec un sourire complice. Lorsque toute la petite famille est partie, le petit bout m'a envoyé des bisous avec la main, je lui en ai retourné en soufflant sur ma peaume, il a tenté de m'imiter ; j'ai retrouvé les mimiques de nos petits  enfants. 
Comme je l'ai expliqué les indiens se rendent service dans les bus, un paquet, un enfant peut être pris sur les genoux. Le bus dans lequel nous étions était bondé,  j'ai proposée de tenir le cartable d'un petit garçon, j'ai bien eu l'impression qu'il avait peur que je ne le lui rende pas...
Pascal parlera plus longuement de Pondichéry, je vais vous livrer quelques petites tranches de vie. En Inde certaines femmes mettent du jasmin dans leurs cheveux, les fleurs sont passées sur un fils comme un collier. J'en ai acheté une longueur à une dame muette dont le sourire à lui seul était criant dans l'échange. Elle a tenu à m'offrir une rose, ni une ni deux Pascal à pris la rose a fait une révérence et me la offerte, il a fait de même face à la dame. Les personnes présentes ont beaucoup ri, de ces rires francs sans gêne juste le plaisir du moment. Nous rentrions à la Guesthouse quand nous avons vu comme des box en béton, avec des vestiges de fruits et légumes, une sorte de marché couvert. Au fur et à mesure de nos pas, des hommes, femmes ou enfants étaient couchés dans ces box, et là le charme du marché s'est évanouie, j'eue l'impression de voir des écuries. Cette pensée m'a fait mal, j'ai été chamboulée, dire que l'Inde est faite de paradoxes n'enlève en rien les coups à l'âme.
Marie

Le lendemain lorsque nous sommes passés devant ces "écuries", rien à voir avec ce que nous avions aperçu la veille. Des étals de fruits et légumes avaient envahi l'espace, la vie était là emplie de mouvements de bruits, d'odeurs et saveurs. Comme quoi à une heure différente de la journée les événements peuvent changer.
Pascal


À Tirupathi nous avons du coucher dans un hôtel miteux (pas de choix), draps sales, blates qui se promenaient, pas de douche, une salle de bain crasseuse mais une clim qui fonctionnait, heureusement que nous avions nos sacs à viande !!! Le soir nous  avons mangé dans un petit resto où un rat se promenait sur la vaisselle, une belle bête de 30 cm queue comprise rien à voir avec ratounette (les enfants comprendront, plus particulièrement Camille). 
Sur un quai de bus une drôle de machine nous a interpelée Pascal et moi, on aurait dit une machine que l'on voit à la vogue, en fait il s'agissait d'un pèse personne. Je suis montée sur la dite machine, j'ai attendu que la balance s'équilibre puis j'ai appuyé sur un bouton, un ticket de la taille de celui du métro est sorti avec mon poids imprimé dessus. Vous auriez dû nous voir de vrais gamins.
Dans un autre resto, un autre jour, le serveur à pris notre commande et à dévalé les escaliers pour aller acheter les ingrédients, ce ballet a continué au fur et à mesure des commandes, idem pour la monnaie. 
Nous avons eu recours à l'aide d'un policier pour traverser une route à quatre voies à Hyderabad. Tel un chevalier il a fait rempart de son corps, bras en avant, nous derrière lui et tout ça sous les klaxons hurlants. 
Je n'oublierais pas de vous parler des rencontres improbables sur les trottoirs et routes, vaches, chèvres, bufflons, cochons noirs. Et les odeurs que dire des odeurs... Il faudrait un bocal pour les glisser, elles se côtoient, se mêlent, s'opposent, se reniflent, s'évitent bien que cela soit bien difficile; jugez plutôt sur le même trottoir : encens, épices, odeur de putréfaction, nourriture, sel marin, urines, égouts à ciel ouvert... 
J'aime prendre le train, observer cette micro société. Dans l'attente du départ, des femmes posent leurs paquets, leur sacs, leur bassine et s'installent en tailleur sur le quai en riant, souriant, des enfants courent, des hommes discutent c'est cette joie de vivre qui m'interpelle.    Je ne sens aucun jugement, personne ne s'observe en coin, chacun a sa place. Les choses se font lentement, le ton ne monte pas, les petits désaccords sont réglées dans le calme... Dans le wagon j'ai pu observer une jeune maman avec son bébé, elle avait accroché un drap entre les deux banquettes du haut afin d'improviser un berceau pour son bébé. Elle faisait le voyage avec son mari et une dame qui m'a semblé être sa belle-mère. Le bébé avait chaud, dormait peu, pleurait beaucoup, la jeune maman épuisée dormait, et naturellement la grand-mère a pris le relais. Elle s'est installée avec son petit fils face à elle, un tendre regard sur l'enfant et le paysage qui défile. Ces deux générations se sont relayaient auprès de l'enfant. Je dois dire que les attentions auprès des petits  n'ont rien à voir avec les nôtres. De bonnes tapes de cow-boys dans le dos pour apaiser, des balancements relativement forts et saccadés (nous avons pensé au syndrome du bébé secoué).Tout au long du voyage en train il nous est proposé à la vente toutes sortes d'articles de l'ice cream, chips, eau, samossas, Chaï, café, fruits et même des chaussures au cas où...
Les repas en train sont également  intéressants, il y a ceux qui emmènent leur "gamelle", d'autres leur plat où sera servi du riz avec des légumes épicés, tout ça présenté dans de gros sauts en inox, et une grosse louche de ci, une grosse louche de ça. Le repas est pris relativement vite malgré les grosses quantités, quelques rots les ponctuent. Les mains sont lavées et chacun s'installe confortablement. Des dames discutent allongées sur le côté, en face à face chacune sur leur banquette, les hommes commencent à s'assoupir, les enfants sont calmes et en moins de dix minutes le silence n'est ponctué que par des ronflements et le bruit des ventilateurs. Nous avons la chance d'être là, de partager un petit bout de vie avec nos hôtes, de faire partie de ce voyage, nous nous allongeons et tout comme ce petit monde nous faisons la sieste. Trente minutes avant l'arrivée, je vois un homme à quatre pattes avec un plumeau dérisoire à la main. Il balaie le couloir, sous les blanquettes, entre les jambes des passagers, vérifie les paquets vides, avec l'espoir peut-être...  Il fait son travail consciencieusement, à quatre pattes, certaines personnes ne semblent pas le voir, tel un sous homme, mes représentations sont chamboulées. Une fois le travail accompli il passera pour demander une pièce, l'Inde me questionne, me déplaît, me fascine, me révolte.
Dimanche 27 mars, alors que Pascal était cloué au lit à cause d'un repas mal passé, je suis allée me promener. Dans la même rue j'ai vu des messieurs qui se laver à la pompe, alors qu'un chien était entrain de crever dans l'eau qui circulait dans la rue. Des dames faisaient les manars dans la construction d'un bâtiment, de gros  sots de sable sur la  tête, des briques pour certaines. Deux jeunes femmes  balayaient dans la rue, tout en observant les vacanciers au travers d'un trou dans la palissade. Cette sensation de ne pouvoir pas accéder au luxe d'un gazon qui ferait pâlir Wimbledon. Elles ne l'ont peut-être  pas vécu comme cela, mais j'ai eu mal pour elles. Parfois il est bien difficile de garder la distance à ces ressentis qui me révoltes.
Marie

2 commentaires:

  1. Très beau récit.... Malheureusement c'est comme dans tous les pays, on vois la beauté dans certains endroit et l'autre côté nous montre d’innombrable malheur... C'est le paradoxe de ce monde. 

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  2. Bonjour,
    Nous attendons avec impatience des nouvelles et les impressions de Charlotte qui a dû vous rejoindre.
    Beau périple que je viens de lire de bout en bout.
    Bonne continuation.
    A bientôt de vous lire.

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