Pour ceux qui ne connaissent pas et pour ceux qui connaissent, certainement les moins nombreux ( un clin d'oeil à Michel, il se reconnaîtra) nos pérégrinations vont nous conduire vers le Jammu Cachemire et Laddakh.
Départ en bus pour Srinagar via Jammu prévu à 22h15, une heure de retard puis cinq heures interminables, des fauteuils défoncés, un bruit tonitruant et un bus sans amortisseur, pas question de dormir ou si peu. Arrivée à quatre heures du matin à Jammu, attente d'une heure dans un taxi collectif pour qu'il fasse le plein de passagers, puis neuf heures de voiture plus confortable. C'était sans compter sur la route, sinueuse, poussiéreuse et pleines d'ornières. Le paysage était à couper le souffle, des lacs, des forêts verdouillantes, des monts, des vallées, des cultures en terrasses, des troupeaux de chèvres de la province du Cachemire, des brebis, des petits chevaux accompagnant des nomades...
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| Paysage entre Srinagar et Kargil |
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| Nomades sur la route |
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| Nomades sur la route |
Depuis Srinagar nous traversons des villes musulmanes nos journées sont ponctuées par les prières et les récitations des sourates du Coran dites par le muezzin. Nous venons de prendre possession de notre lieu de vie pour trois nuits. Il s'agit d'une péniche sur le fleuve Jhelum de Srinagar, un rêve réalisé pour Pascal, un havre de paix pour nous trois. Un petit salon, une salle à manger, deux chambres et une petite terrasse. Temps plus clément ce soir nous avons mis un sweat et une petite couverture sera nécessaire cette nuit.
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| Plus ancienne mosquée de Srinagar |
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| House boats sur le fleuve Jhelum |
Nous sommes allés visiter la vieille ville avec notre hôte, avons pu admirer la mosquée de Khanqah Shah-i-Hamadan bâti en 1730, avec des façades et intérieurs recouverts de reliefs en papier mâché (nous ne pourrons que l'admirer de l'extérieur, seuls les musulmans pouvant y entrer) ; le tombeau de Badshah, Jama Masjid mosquée de 1672, les 378 piliers qui la soutienne proviennent d'un seul cèdre de l'Himalaya. Le lendemain à l'aube nous sommes allés voir un marché flottant sur le Lac Dal, nous étions confortablement installés dans une barque nous faisant expliquer le mode de vie sur le lac par le rameur. Il y avait des fleurs, des légumes en tout genre ; les vendeurs installés en position du lotus sur l'avant de leur barque avançaient au moyen d'une rame ayant la forme d'une feuille de lotus. Nous naviguerons durant plus d'une heure dans les dédales et méandres du lac, approchant des îles habitées et cultivées. Nous prendrons un petit dejeuner après avoir accosté sur une île, thé cachemiri et pain cachemiri ; un régal pour les papilles pendant que le soleil pointait ses rayons. Dans la matinée, visite d'une usine à soie, show room pour Charlotte, promenade dans des jardins. En fin d'apres midi nous allons faire un tour sur le marché pour y acheter des legumes et des fruits. Nous avons été très touchés par les habitants de Srinagar déplorant que leur ville ne soit pas plus visitée, ayant une certaine amertume face aux médias et à la situation politique actuelle.
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| Marché flottant sur le lac Dal |
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| Marché flottant sur le lac Dal |
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| Paysage fantastique |
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| Route fantastique !! |
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| Passage fantastique |
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| Plateau habité en altitude |
Nous sommes partis pour Leh dans le Ladhak avec une halte à Kargil. Bus rempli de balots et seulement douze passagers. Au bout d'une heure de route nous ne pouvions plus lâcher nos appareils photos, des paysages différents se livraient à nous. Des rizières, des cours d'eau, des cascades, des petites chevaux, des monts enneigées. Au détour d'une vallée, alors que nous devorions ce paysage et que les superlatifs nous manquaient nous restament bouche bée. Des appics, des glaciers, des pics rocheux recouverts de plusieurs mètres de neige, des centaines de petits chevaux bâtés.
Nous avons eu quelques frayeurs lorsque le bus s'est engagé vers le col que nous devions passer. La route n'est ouverte que depuis quelques jours, comme toutes les années il a fallu la remettre en état, nous avions l'impression de rejouer le film le salaire de la peur. Nous sommes passés dans le glacier, une traverse y avait été faite, six mètres de glace de part et d'autre. A mesure que le bus montait nous regardions le vide sur notre droite, Pascal et moi étions aux premières loges, la peur était présente personne ne parlait dans l'habitacle. Au détour d'un virage le bus à glissé, l'arrière du véhicule à fait une embardée, nous avons eu très peur, il nous tardait d'arriver en haut... À Kargil nous avons acheté des petits pains, le vendeur a interpelé Pascal afin qu'il l'aide à entrer en contact avec une jeune femme en France, une relation arrangée... Encore une rencontre sortie tout droit de cette Inde étonnante.
Au levé du jour départ à cinq heures , il ne nous restait que huit heures à faire pour rejoindre Leh, c'était sans compter une panne qui nous a clouée sept heures dans un petit village. Nous avons fait de belles rencontres, un homme dans sa gargote avec le même humour que Pascal, son épouse, des gens qui allaient et venaient. L'ambiance était très sympa cela nous a rapproché des autres voyageurs. Que dire des paysages, quelques photos qui parleront d'elles mêmes.
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| Incroyable paysage |
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| Descente sur Leh, paysage désertique |
Enfin arrivé à Leh altitude 3 520 mètres, Chow guest house super sympa, on nous offre une soupe ladhakie et au lit. Nous allons nous reposer et nous acclimater à l'altitude.
Marie
Nous décidons de nous acclimater à l'altitude, 3500m, ce n'est pas rien car chaque organisme réagit différemment. Les guides papiers et nos hôtes nous le conseille fortement. Prendre le temps de promener en ville, arpenter à notre rythme les rues et ruelles de la vieille cité. Nous découvrons un paysage encore différent. La ville est adossée à une colline et s'étend vers une verte vallée entourée par des sommets enneigés d'un côté et des monts totalement pelés et désertiques de l'autre. Un contraste saisissant, que l'on découvrira par la suite quand nous débuterons notre "trek" de trois jours.
Quelques éléments descriptifs du trek, c'est une guide qui nous accompagnera pour cette randonnée. Une ladhakie pure souche originaire d'un village perché à 3800m d'altitude et qui parle l'anglais et connait le terrain. Nous voici en marche après une demi heure de voiture nous conduisant au point de départ. La montée semble tranquille, mais trompeuse, le souffle de raréfie, les pauses sont régulières sur les conseils d'Ishey. Déjà 4 heures de marche, cela ne paraît pas, mais cela grimpe. La tête se serre, les globules rouges mettent du temps à s'auto multiplier, nous regardons le paysage comme lunaire qui nous entoure. Quelques paysans avec une ou deux vaches, des chamois du Laddakh et des perdrix. Le but du jour est d'arriver à Rumback, petit village perché à 4050m. Nous faisons une dernière halte pour prendre notre repas du midi. Le souffle manque malgré les conseils respiratoires d'Ishey. Il nous reste environ une demi heure, Marie n'en peu mais, Charlotte ne dit rien et avance, quant à moi il me faut ralentir et faire des petits pas. Nous arrivons à l "home stay", un thé et des petits gâteaux en guise de bienvenue. La fatigue est là, il faut s'acclimater, nos poumons demandent de l'air, mais il est rare, n'oublions pas que nous sommes occidentaux. Marie à envie de vomir, le mal des montagnes dû à l'altitude s'est installé. Ishey, Marie et moi faisons un somme. Charlotte est dehors sur la terrasse, puis s'absente pour visiter le village et en profite pour se faire invité à boire un thé dans la maison d'un vieux monsieur qui joue avec son petit fils. Il est prévu pour le lendemain matin de nous diriger vers un col situé à 4900m et d'en revenir dans la journée. Nous sommes interrogatifs, pourrons nous y accéder ? L'étau se resserre dans la tête de Marie, elle n'est pas bien et manque d'oxygène. Nous nous consultons avec Ishey et décidons d'attendre le lendemain pour prendre la décision de grimper ou non.
Pas d'amélioration, la décision est prise de redescendre à Leh. Le retour se fait par paliers. Arrivés à la Guesthouse, notre hôte est étonné mais nous dit savoir que de nombreux touristes même entraînés ont ce type de problème. Le lendemain, malgré le repos, notre hôte nous conseille de conduire Marie à l'hôpital pour une séance d'oxygène. Nous sommes reçus dans un service spécialisé pour ce problème de mal d'altitude, Marie est immédiatement prise en charge par un médecin, une infirmière l'a met sous oxygène et lui injecte un produit qui va résorber la pression dans la boîte crânienne. La salle est déjà occupée par des touristes indiens venant d'autres états. Puis au fil des heures tous les lits sont occupés. Nous resterons une bonne partie de la journée avec un contrôle régulier effectué par des infirmières consciencieuses. La sortie se fera avec des médicaments ordonnés pour trois jours.
Le retour à notre guest house et du repos. Le lendemain une visite au Shanti Stupa avec un point de vue magnifique sur la ville et ses montagnes environnantes. Nous quitterons Leh et le Laddahk pour Delhi et ensuite le Népal.
Pascal
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| Le Ladhak vu d'en haut |