vendredi 29 avril 2016

Varanasi (Bénarès)

Vanarasi la belle, j'aime cette ville faite de ruelles, de dédales, d'odeurs, de couleurs, de sourires, empreint de dévotion, de mort, de vie, toujours en effervescence, ensoleillée, brûlante et douce à la fois. Pascal et moi l'avons énormément appréciée, notre souhait est de revenir nous y perdre.
Pascal va vous  l'évoquer, je vous parlerais de mon ressenti près d'un des lieux de crémation où nous avons rencontré un homme qui y officie. Nous avions de nombreuses questions, il avait la patience, l'envie de partager, de nous éclairer, aucun tabou tant sur la mort que sur le corps posé sur le bûcher.
Nous avons vu quatre hommes posant un "paquet" sur une grosse pierre plate, puis qui montaient dans une barque via le large du Gange. On nous a expliqué qu'il s'agissait du corps d'un bébé, qu'ils allaient le laisser couler au fond du fleuve. L'émotion nous a saisi, le rapport à la mort est différent pour chacun, j'ai eu l'impression qu'il parlait seulement d'une enveloppe, que la vie était précieuse mais qu'il fallait aller de l'avant. Les femmes n'assistent pas aux crémation afin de leur épargner une douleur trop vive, et de devoir gérer une réaction toute légitime de se jeter à l'eau. Contrairement à ce que je pensais six catégories de personnes ne sont pas inhumées : les enfants de moins de dix ans, les femmes enceintes, les sadhous, les moines, les personnes mortes de la lèpre, ou mortes d'une morsure de cobra.
Que dire de ces nombreux bûchers autour desquels des chiens airent, "oui ils mangent certains morceaux du corps, souvent les entrailles" nous explique notre "guide", cela est-il entendable pour nous ? Je ne saurais le dire, cela nous bouscule, nous ne disons rien, recevons les informations, échangeons des regards parfois larmoyants, les mots nous manquent, sont-ils seulement nécessaires ? Nous ne reparlerons de ce moment que bien plus tard comme sous le coup d'une émotion trop grande.
Marie

Que dire de cette ville étrange, surprenante déconcertante et magique à la fois. Elle est empreinte de spiritualité pour qui veut bien la percevoir et la ressentir comme telle. Mais elle n'est pas que cela, elle est une ville sacrée, des millions de pèlerins y affluent, pour le Gange, pour le temple d'or dédié à Vishnou, pour les cérémonies de fin d'après midi sur les ghats du Gange. La rencontre des uns avec les autres ces pèlerins venat de toutes les régions de l'Inde, parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres. Nous avons assisté à une de ces cérémonies, entourés d'Indiens venat du Rajasthan, du Gujarat, du Tamil Nadu, échanges de regards, de sourires,de gestes. Un homme est en train de se prépare sa chique de bétel, je le regarde faire, il se tourne vers moi et me propose de sa mixture, me montre comment la poser dans ma bouche et la chiquer. Je salive, malaxe jusqu'à la réduire en bouillie. J'attends un possible effet qui ne vient pas, mais il me manque un ingrédient qu'il me donnera, mais trop tard, il me sourit, lève le pouce en signe de "bien". Je lui retourne mon accord. Puis une dame se tourne vers moi, me demande de la prendre en photo et me fait comprendre que je dois la faire développer sur le champ par un tirage rapide effectué par un photographe ambulant. Je m'exécute, lui montre le cliché, elle sourit. L'impression est sur le papier emballé dans une fine pochette plastique (30 roupies). Elle me tend l'argent, non je tiens à lui offrir, elle me remercie longuement et part satisfaite en nous disant que si nous passons vers chez elle elle nous accueillera. L'instant court, éphémère de la rencontre. La vie dans l'instant présent avec toute cette énergie de spontanéité, d'élan gratuit donné à la rencontre. Que du bonheur!!
Cette rencontre se produira aussi avec un signe de la main d'un commerçant, d'un conducteur de Rick Shaw, d'un enfant ou d'un adolescent qui dira hello!! How are you, where coming from. Petites phrases lancées à la dérobée parfois sans attendre de réponse.
Voilà comment les indiens se manifestent, toujours dans l'aide sans rien en retour.
Il y a aussi la vie quotidienne qui bât son plein, les zones d'ombres et de lumières, les monuments sacrés et les autres presque profanes. Leurs décorations parfois outrancières et subtiles sur les rives du Gange, les couleurs sensuelles au lever du soleil.
Je vous livre ces quelques impressions mais il est difficile de les partager sans les avoir vécues.
Pascal

Illustration de nos propos:

Sadhu à Varanasi sur les Gaths

Gaths de Varanasi

Gaths de Varanasi

Bains sacrés dans le Gange

Vendeur de chapatti

Délice de lassi

Bains sacrés dans le Gange à Varanasi

Visites du site de Sarnat, Varanasi












Venue de Charlotte Kolkata, Darjeeling, le Sikkim


Victoria mémorial

Tramways

Arrivée triomphale de Charlotte

Nous sommes à kolkata  (Calcutta) depuis deux jours et attendons Charlotte qui vient nous rejoindre. Nous avons choisi un hôtel dans la silicone Valley, quartier plus tranquille afin que notre amie ne soit pas trop bousculée dès son arrivée. Elle est arrivée toute exitée mais ennuyée par une douleur récurrente au genou, malgré toutes nos sollicitude Charlotte à été frappé par la misère pendant le trajet de l'aéroport à notre  hôtel. Une nuit de repos et zou dans le grand bain... Après deux mois en Inde et un mois au Sri-Lanka notre regard ne s'est non pas accoutumé à la "différence" de l'Inde mais à  l'accepter, ce qui a été plus difficile pour Charlotte. Nous l'avions mis à l'aise sur le fait de ne pas étouffer  ses  émotions, que nous étions là pour en  discuter, qu'elle ne devait pas garder un mal-être mais en parler. Il me semble que cela a été plus sain et qu'elle a pu profiter de ces deux jours à kolkata avant notre départ vers le Sikkim.

Un des rêves de Pascal, monter dans un taxi jaune à kolkata

Nous avons pris l'avion pour se rendre à Bagdobra via trois heures en jeep pour atteindre Darjeeling. Nous avons quitté une température de 39 degrés pour atteindre 22 degrés la journée et 10 la nuit. Nous sommes restés deux nuit dans la ville du thé, la "sentir" comme aime dire Pascal dans un nouveau lieu ; et organiser plus finement notre périple au  Sikkim (nord-est de l'Inde, ancien royaume de l'Himalaya, Népal à  l'ouest, Bouthan à l'est et Tibet au nord ). Seule solution pour y circuler,la jeep, compactés à 10 plus le  chauffeur, pas besoin de ceinture, une fois assis plus question de bouger, nous sommes comme solidarisés les uns aux autres et comble de bonheur nous étions toujours au fond du  véhicule, donc un super tape-cul (je vous épargnerais le temps de route....).
Nous avons pris soin de "notre  Charlotte" et de son genou, quelques taxis pour visiter les villes et un peu de pommade pour apaiser la douleur, sa rotule à été rapidement oubliée. Quelques villes visitées : Gangtok, Yugson,  Namchi...  habitants charmants, discrets et très accueillants, vallées profondes couvertes de forêts et de plantations en terrasses, allées de drapeaux de prières qui conduisent aux temples Bouddhistes de style tibétains, le sommet de Khangchendzong couronné de neige, statues de divinité hindoues...
Comme à son habitude et pour notre plus grand plaisir ; Charlotte à confondu certains lieux  ce qui nous a permis d'essayer de faire le tour du lac de Khecheopalri et de rebrousser chemin, une sensue gorgeée de sang collée au tibia, je vous assure que c'est immonde et difficile à déloger.  Randonnée en tout genre, que ce soit de quelques heures ou à flan de montagne  d'un village à l'autre et surtout oui  surtout  la sérénité, la contemplation, le plaisir d'être là et de partager une tranche de vie entre parenthèses.
Pascal s'est fait couper cheveux, barbe et moustaches par un gentil coiffeur, il a eu droit à un massage crânien en bon et du forme.
A notre retour à Darjeeling nous avons sirotés comme il se doit du thé, visités une fabrique, fait une balade dans la montagne et les plantations de thé  à bord du Toy train à charbon (inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO) et pris le temps de monter et descendre les milliers de marches qui desservent les différents quartiers de Darjeeling, ville de montagne s'il en est.   Nous avons quitté Darjeeling à 8h du matin,  nous avons pris une jeep direction Siliguri pour 3h de transport et avons fait la connaissance d'un couple d'une soixantaine d'années qui repartait sur kolkata. A la pause pipi j'ai suivi la sexagénaire, quelle n'a pas été ma surprise quand elle m'a invité à la suivre dans les WC (une boite, porte en taule avec toilette à la turc), ni une ni deux elle s'est accroupie au sol et ma fait signe de tomber mon pantalon et de me soulager. Dans un silence religieux, enfin quasi religieux nous avons fait nos petites affaires et nous nous sommes rhabillées en gloussant, à la fois un grand moment d'intimité et d'étonnement, de repaires chamboulés.
Je passerais rapidement sur notre voyage direction Vanarasi, train annulé, attente de sept heures dans la gare, installation dans un autre train juste à côté des toilettes, l'odeur, l'exiguïté, la gentillesse des passagers et l'installation sur une banquette. Charlotte et moi tête bêche, Pascal idem avec un gentil jeune homme. Nuit et matinée éprouvante (16 heures de trajet), malgré tout Charlotte à aimée cette  expérience, un peu maso notre amie, je plaisante bien sûr.

Marie
Pascal qui apprend à faire des petites coupes en feuille de nénuphars

Il existe encore des porteurs à bras à kolkatta 
NJ


Deux vues de Darjeeling

Eboueuse à Darjeeling

Un massage crânien

9 kilomètres à flanc de colline

Le bord du lac de Ketcheopari, un havre de paix

Autour du lac sacré de Ketcheopari

Cantonnière sur son tas de cailloux

Paysage du Sikkim

Charlotte se met à la bière, à la tienne Jean-Luc

Lac sacré à Yoksum, Sikkim

Cueilleuses de thé

Sieste canine dans la rue

Toy train de Darjeeling

Pascal et Marie
























mercredi 27 avril 2016

Enfin la suite de nos pérégrinations!!

À mon fils qui nous faisait remarquer gentiment le retard pris sur notre blog, à ses conseils railleurs de  l'abandonner discrètement...
Sa maman

À toutes celles et ceux qui trépignent d'impatience d'avoir des nouvelles écrites et imagées, nous vous proposons ci joints articles et photos. Nous sommes désolés d'avoir tant tardé pour la mise à jour du blog. Différentes raisons à cela, comme le manque de connexion régulière ou d'ordinateur pour copier les photos. C'est maintenant choses réparées.
Remontons notre parcours à partir de Mamalapuram, Tirupathi, Hyderabad, Visakapatnam, Puri et Kolkata. Voici quelques illustrations de ces lieux.


Fresque sur granit Mamalapuram


Temple à Mamalapuram

Bovin sur la plage du golfe du Bengale

Temple d'or de Tirupathi


Mosquée de Charminar, Hyderabad

Fort Moghol Hyderabad 
Temple de Jannagath Puri

Shiva et  Parvathi Vizakapatnam
Notre ami vannier



Pour faire suite à cette série de photos qui résument notre balade depuis Pondichéry, nous allons vous donner quelques détails vous permettant de mieux comprendre le "retard" que nous avons pour publier des articles sur le blog. Ce n'est en aucun cas une justification de notre part. La principale, comme je vous l'ai dit est de trouver des connexions Internet qui nous permettent d'aller sur le blog, la seconde est de trouver dans un hôtel, un ordinateur afin de pouvoir copier nos photos sur la clef USB et ainsi de les mettre sur le blog pour illustrer les articles. Maintes fois depuis Pondichéry, nous n'avons pas eu ces occasions.
Des détails techniques me direz vous, mais qui nous handicapent fortement. Nous pensons maintenant mettre les bouchées doubles. Donc depuis Pondichéry, nous sommes partis vers le nord, toujours par-là côte est en longeant le golfe du Bengale. Nous nous sommes arrêtés à Mamarapuram, haut lieu de l'hindouisme, avec des temples érigés à quelques centaines de mètres de la mer. Ils sont pour certains, construits à même la granit, d'autres représentent des fresques illustrant les épopées hindous et des grottes abritants des divinités. Un temple se trouve pratiquement sur la mer, une digue puissante le protège depuis le tsunami de 2004.
Nous avons pris plusieurs bus pour nous acheminer à Tirupathi, lieu vénéré par les hindous où se trouve un temple d'or perché sur une colline à quelques 12 km de la ville. C'est impressionnant comment ce lieu où les pèlerins viennent passer une ou deux nuits est empli de spiritualite. Chacun se dirigeant seul ou en famille vers des couloirs bondés sur des centaines de mètres et acheminant cette foule en liesse dans le but ultime de vénérer Vishnou. Une ferveur incroyable se dégage de cette foule, où femmes, enfants, hommes, vieux et jeunes dans des ovations à "Govinda", se pressent jusqu'au saint des saints. L'espace de quelques secondes admirant le lingam tant attendu. Tout hindou se doit de venir au moins une fois dans sa vie accomplir ce pèlerinage.
Nous avons côtoyé ces pèlerins durant plusieurs heures, seuls étrangers parmi eux. Une force spirituelle se dégage de cette collectivité. Les hommes comme les femmes et parfois les enfants se sont fait rasé la têtes où se l'a font raser pour accomplir ce rituel sacré. (Nous ne pourrons pas mettre de photos, celles ci étant interdites). Une seule illustrera le temple vu de l'extérieur.

Nous sommes partis en train de nuit pour une douzaine d'heure en direction d'Hyderabad. Grosse ville de quatre millions d'habitants où nous y avons trouvé une température constante de 40 degrés. Ville agréable qui nous a permis de découvrir les richesses moghols et l'influence musulmane relativement forte dans cette immense cité. De là, nous avons rejoints de nouveau la côte en faisant une halte de deux jours à Visakhapuram. Une station balnéaire agréable, halte indispensable après la chaleur torride d'Hyderabad. Puis sommes remontés encore plus au nord vers Puri. Une autre station balnéaire qui fêtait dignement le " holy festival". La fête des couleurs où vous avez pu constater notre réelle participation. Une journée d'excursion à Bubaneshwar afin de s'imprégner de la culture hindoue dans des formes plus singulières que celles vues et perçues précédemment. Un seconde excursion pour un temple du soleil, le seul en Inde. Un temple symbolisant un char de 24 roues, tiré par une série de chevaux les 24 roues représentant les 24 heures de la journée. Ce temple faisait face à la mer et représentait comme un phare pour guider les bateaux au large. Il se trouve actuellement à trois km de la mer, celle ci s'étant retirée progressivement au fil des siècles.

Pascal