lundi 4 juillet 2016

Trek Kalaw-Lac Inlé

De Bagan nous avions décidé de faire un "trek" de trois jours pour nous rendre de Kalaw au Lac Inlé. Celui ci s'organise avec Mr Charles sur un itinéraire qu'il connaît, trois jours et deux nuits passées chez l'habitant. Nous prenons un bus de Bagan pour Kalaw (6h30), nous avons rendez vous avec Mr Charles devant l'hôtel pour les préparatifs du lendemain. Nuit tranquille après un dîner dans un petit restaurant népalais de Kalaw, l'Everest. Kalaw se trouve à 1300m d'altitude, le lac Inlé à 850m.

Premier jour de trek, départ à 9h, cool!!. Une petite colline a grimper et nous voici au milieu d'une végétation luxuriante. Nous traverseront quelques villages dont Myinmati, Luneh, Taung, Lamine Kyin ou nous rencontrerons l'ethnie Paho. Deux vieilles dames âgées nous invitent à boire un thé vert dans leur maison, elle semblent curieuses, l'une d'entre elle m'offre un cigare et s'en allumé un. Elle est âgée de 83 ans, la seconde doit avoir sensiblement le même âge. Nous repartons après cette petite pose. Les paysages deviennent plus beaux les uns que les autres, alternance de champs cultivés, choux fleurs, pommes de terre, paprika, gingembre, poivrons, salades..nous en oublions certainement. Les agriculteurs sont dans les champs pour biner ou ramasser les légumes. D'autres sont affairés à passer la charrue avec leurs boeufs pour préparer la prochaine semence. Les femmes sont très présentes et actives, elles sont l'égal de l'homme et sont très respectées dans la culture birmane.
Pascal

Début du trek

Paysannes au travail

Déchargement et chargement de choux

Travail des champs

Rencontres sur le chemin 


Admiration devant ces dames

Dame Paho de 83 ans

Buffle prenant son bain

Paysage de rizieres
Deuxième jours de trek. Le ciel est couvert la lumière est différente d'hier, nous nous arrêtons dans le village de Pin Nwe, village Paho lui aussi .........ou une dame tissait des sacs traditionnels, comme à l'habitude un thé vert nous est servi. Une dame d'une enfinie douceur, la fatigue aidant, nos émotions sont à fleur de peau, quelque  chose se passe chez Pascal et moi ; nous aurions pu rester longtemps près d'elle à la regarder faire. Nous avons acheté un sac pour chacune de nos filles et belles-filles, je me suis gâtée également. Nous avons continué notre route, rencontrant femmes, hommes et enfants, toujours le sourire, chantant dans les champs malgré la rudesse de la tâche. Enchantés de nous parler par l'intermédiaire de Charles, la barrière de la langue s'est amenuisée au fil du temps, mimer est devenu une seconde nature, et les éclats de rire ont fait le reste.

Femme Paho





Nous avons pris un repas bien mérité et un peu de repos, une pluie tropicale intense nous a obligée à attendre. Allez hop ! C'est passé on y va, chaleur étouffante, pieds dans la boue, la marche est difficile mais on a la niaque ! Charles nous propose un tour un peu plus long, traverser une rivière "les autres touristes ne l'empruntent pas", il n'en fallait pas plus "on y va". Comme souvent depuis notre départ de la France, nous nous regardons Pascal et moi et nous disons "tu te rends compte de la chance que l'on a, nous sommes en Birmanie" ; ce voyage de partage est merveilleux.
Les choses se gâtent, la pluie se pointe alors que nous étions en train de monter un chemin déjà boueux. On se cale contre un arbre sous mon parapluie, vestes sur le dos, sacs protégés. Un torrent de boue dévale la pente et englouti mes chaussures, je suis trempée comme un rat, Pascal râle, la fatigue se fait sentir, mais nous continuons la marche, on ne lâche rien. Plus question d'éviter les flaques de boue, impossible, un pas en avant, une glissade, deux en arrière... La pluie cesse enfin, arrivés à la rivière trop d'eau, nous la traversons, de l'eau boueuse jusqu'au genoux. Un rayon de soleil vient glisser sur les paysages qui changent et nous dévoilent une autre vision de leur beauté. Enfin une journée très éprouvante d'autant que nous n'avons pas pu nous changer, nos sacs ont pris l'eau. Une bonne bière, un repas, lavage des pieds et au lit. 
Marie











Fin du second jour 


Troisième jour de trek. Nous devons répartir avec nos affaires trempées, la nuit n'a pas permis à celles ci de sécher mais qu'importe, nous comptons sur le soleil pour s'en occuper. Petit déjeuner copieux et en route pour des nouvelles heures de marche. Nous devrions arriver. Vers 14h en vue du lac au village de In Dein où une pirogue nous attend pour nous amener au nord de celui ci.
Les chemins sont beaucoup moins boueux qu'hier, le vent et le soleil ont amorcé une légère croute sur le sol. Les paysages sont différents que les jours précédents, des collines plus prononcées et moins de cultures. La lumière est belle ce matin, le ciel change constamment et la pluie menace. Nous traversons une forêt et admirons de splendides "banian" arbre sacré d'Asie. Les chemins aussi sont différents, plus larges et moins ombragés. Nous marchons de bonne allure, une petite collation et c'est reparti. Nous arrivons dans la zone du lac en pays "Shan" ethnie majoritaire dans cet état. Nous avions rencontré la veille et l'avant veille des "Danu" et des "Paho" autres ethnies habitants le même état.
Voici enfin le lac, je dois reconnaître qu'il est le bienvenu car les pieds commencent à être douloureux, ampoules pour tous les deux. Un repas et un siège sont les bienvenus. Nous embarquons pour une heure trente de pirogue à moteur direction "Nyaung Shwe", là où se trouve notre hôtel. Un repos bien mérité et une balade sur le lac avec un soleil voilé qui illumine le paysage. Le lac bordé de ces montagnes est un réel plaisir pour les yeux, nous sommes heureux d'être là et avons les larmes aux yeux. En trois jours nous aurons marché 60 km.
L'hôtel réservé est accueillant, nous allons prendre une douche et nous installer dans notre chambre. Une collation nous est ensuite servie, fruits frais (mangue, bananes, et pastèques) accompagné d'un thé vert. La journée à été un peu fatigante et décidons de dîner dans un restaurant indien.(nostalgie de la nourriture épicée).
Dès le jour suivant une balade sur le lac pour y découvrir ses richesses, par l'intermédiaire du boatman qui nous avait conduit à Nyaung Shwe la veille. Premier arrêt après une heure trente de navigation ou nous croiserons une intense activité fluviale ainsi que des pêcheurs agissants de façon acrobatique pour manoeuvrer l'avancée de leur pirogue. Ces hommes sont des Inthas, pêcheurs du lac. Ils se déplacent à plusieurs, agrippent des filets à des poteaux plantés dans l'eau sur quelques centaines de mètres, avec leur barque se répartissent une surface et tapent chacun leur tour avec leur rame pour rabattre le poisson vers le filet. D'autres sont seuls à naviguer avec un filet en forme de nasse et avance en manoeuvrant leur "rame" avec leur jambe. Un régal pour la vue, mais quel équilibre déployé. Nous arrivons au marché, des dizaines de pirogues ont accosté, des villageois des alentours sont venus vendre et acheter. Nous y restons une heure à sillonner les étals de fruits de légumes et autres objets utilitaires.
Nous découvrons des femmes d'ethnies différentes avec des costumes traditionnels. Les hommes portent leurs éternels longiies, jupes traditionnelles. De là nous réembarquons sur notre pirogue pour s'arrêter qui dans une fabrique de tissage de soie, cotton et lotus. Oui vous avez bien lu, lotus. La fibre de la tige de lotus est utilisée pour être filée et fabriquer des pièces de tissus comme des petites serviettes. Un travail d'une finesse extraordinaire accompli par des mains expertes. Seules les femmes travaillent sur les métiers à tisser. 
Un autre village nous attend pour y découvrir une fabrique de cigares fait main avec une certaine dextérité, là aussi le travail des femmes. Nous continuerons à naviguer sur le lac, les couleurs, la lumière changent au fil de notre progression vers le nord, nous rejoignons le canal qui nous conduit à l'embarcadère ou nous descendrons pour regagner notre hôtel. Un massage birman d'une heure nous fera le plus grand bien après ce trek un petit peu fatiguant. Une bière birmane et un repas léger terminerons la soirée.
Avant dernier jour au Lac Inlé, aujourd'hui, repos, un second massage pour Marie et l'écriture de cet article pour moi dans une sympathique courette ornée de plantes et d'arbres. Le soleil est présent la pluie n'est pas encore venue se rappeler à nous.

Pascal
Descente vers le lac Inlé 


Cours d'école de village






Fin du trek

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